Le Bonheur au Travail

Depuis plusieurs années, je me passionne pour un sujet bien particulier : « le Bonheur au Travail »

J’ai lu pas mal de livres sur ce thème, j’ai assisté à des conférences. Dernièrement, j’ai participé à la 5e édition du congrès national du « Mieux Vivre en Entreprise » organisé par le Groupe RH&M en tant qu’animatrice et rapporteur… Ce qui m’a permis de rencontrer des personnes qui œuvrent quotidiennement pour que les collaborateurs s’épanouissent et soient heureux dans leur travail et qui sont loin d’être des utopistes, car dans bien des milieux, parler de Bonheur au Travail reste un concept surréaliste.

Pourtant, je pourrais vous présenter des faits concrets qui vous permettront, comme moi, de prendre conscience que notre environnement professionnel est en train de changer littéralement d’axe. Car, aujourd’hui, je suis totalement convaincue que les principaux enjeux du XXIe siècle sont des enjeux sociétaux.

En réalité, j’en ai toujours été convaincue, mais je vous avoue que ça fait tellement longtemps que je milite dans ce sens et j’ai tellement essuyé de ricaneries, que j’avais presque fini par lâcher ma quête. Je n’étais pas résignée, mais pas loin. C’est alors que j’ai croisé la route de personnes qui m’ont de nouveau ouvert les yeux. Vous savez, le genre de rencontre qui nous amène à réfléchir intensément sur le sens que nous donnons aux choses. Ces personnes étaient là pour me dire : « Hé, regarde Pascale ce qui est en train de se passer… Tous ces gens qui font une réelle différence dans le monde de l’entreprise et qui chaque jour relève le défi d’améliorer la Qualité de la Vie au Travail (la QVT, comme en dit dans les RH) ».

Evidemment, j’ai aussi rencontré des personnes indéniablement réfractaires à cette perspective de changement. Des personnes bien-pensantes, malheureusement haut placées dans la hiérarchie et possédant un certain pouvoir, qui m’ont affirmé que l’entreprise n’avait pas pour rôle de rendre les gens heureux… Que le Bonheur n’avait rien à faire dans l’environnement professionnel… Que ce n’était pas sérieux… Que la crise était un sujet bien plus préoccupant pour les entreprises…

Personnellement, j’ai eu un vrai déclic à la rentrée de septembre 2013, alors que j’animais une conférence sur le thème du management devant les étudiants d’une école de commerce. L’objectif était de les faire s’interroger sur leurs talents de manageurs et de définir avec eux le rôle du manageur dans l’entreprise, ainsi que leur propre rôle en tant que tel dans l’avenir. La majorité d’entre eux m’en ont d’ailleurs donné une définition fort prometteuse. Pourtant, un jeune homme est venu me voir à la fin de la conférence pour me dire quelque chose qui m’a choquée. Il m’a dit : « Madame, vous vivez dans un monde de Bisounours, la réalité ce n’est pas ça !!! Les manageurs n’en ont rien à faire de nous et les entreprises non plus… la seule chose qui compte pour eux, c’est de nous exploiter pour créer de la rentabilité… » (seulement 1 élève sur 150, c’est peu en fin de compte, mais ce qui est surprenant, c’est qu’il m’a dit cela comme si j’étais totalement à côté de mes pompes et qu’il se devait de me faire descendre de mon nuage).

Et je ne sais pas pourquoi, à ce moment-là j’ai presque perdu mon sang-froid (pas totalement tout de même, je vous rassure !). Cette petite phrase, que j’avais entendue bien souvent par ailleurs, m’a vraiment mise en colère et je me suis sentie bouillir à l’intérieur. Comme la petite goutte qui a fait déborder mon vase. Il faut dire que l’ambiance était plutôt joviale et les propos de l’étudiant contrastaient fortement.

J’ai pris une grande respiration et je lui ai demandé le plus calmement possible pourquoi il me disait cela. Et sa réponse fut : « Mais madame, regardez autour de vous, lisez les infos. Tout va mal, les gens sont partout licenciés, ils sont stressés, malheureux, ils ont peur pour leur avenir et du coup, les entreprises les pressent comme des citrons ! »

C’est vrai, on peut voir les choses de cette façon et si on cherche à justifier cette réalité, on va en trouver des tas de preuves. Certaines statistiques vont même jusqu’à démontrer que le bien-être des collaborateurs diminue d’année en année et qu’en France, c’est encore pire qu’ailleurs (voir les études d’Edenred et de l’Ipsos).

Pourtant, il y a un gros MAIS, depuis quelque temps, ceux qui pensent qu’on peut inverser la tendance se font de mieux en mieux entendre et sont de plus en plus actifs pour améliorer les choses. Certes les changements ne sont pas encore visibles partout. Mais de nombreuses organisations s’érigent comme exemple : Favi S.A., Groupe Poult, Michel et Augustin, Zappos, La Poste, etc. Je suis certaine que le train est en marche et qu’il ne tient qu’à nous de monter dedans, même si la voie se construit au fur et à mesure qu’on avance.

J’ai fini par dire à l’étudiant : « Et si c’était vous qui viviez dans un monde totalement irréaliste ? Si c’était vous qui étiez tellement persuadé que les choses vont si mal que vous le dites, que vous ne puissiez voir plus que ça ? Je vous invite à mon tour de vous informer davantage sur ce qui se passe dans ce monde. Par ailleurs, vous devriez faire attention à vos croyances, car ce sont elles qui créent votre réalité. Je vous remercie, mais je pense que je préfère regarder le monde à travers mes yeux, qu’à travers les vôtres ! »

Non, mais !!! 😉

Bien sûr, je suis parfaitement consciente qu’il a tout aussi raison que moi… sur certains points. Et sincèrement, ce qui m’a choquée, c’est surtout de voir que, si jeune, il paraissait s’être construit une réalité dans laquelle il n’y avait aucun espace pour être heureux au travail. Avec une vision pareille, je ne vois pas l’intérêt d’aller bosser. Pour moi, c’est comme s’il démarrait sur le chemin de la vie avec des chaines aux pieds. Et ça m’a attristée.

Malheureusement, je ne suis pas certaine de l’avoir convaincu. Mais le plus surprenant, c’est qu’a ce moment-là, je me suis convaincue moi-même. J’ai totalement oublié ce qui s’est passé durant la conférence. Et de retour chez moi, je n’avais que cette idée à la tête…  » Agir pour que le Bonheur au Travail soit une Vision Partagée par un maximum de gens, afin que cela devienne Notre Réalité. « 

Car, je pose la question :

 » Comment peut-on s’imaginer que des collaborateurs peuvent être engagés et participer activement à l’évolution, ainsi qu’à la rentabilité d’une entreprise, si en contrepartie, celle-ci n’est pas engagée à rendre ses collaborateurs heureux !?! « 

Pour l’argent qu’ils y gagent ? Bien sûr que non. Non seulement les salaires ne sont plus aussi mirobolants que ça de nos jours, mais ça fait bien longtemps qu’on a prouvé que ce n’était pas un facteur de motivation suffisant (lire par exemple le livre de Daniel Pink sur « la vérité sur ce qui nous motive »).

Pour moi et pour beaucoup d’autres heureusement, le Bonheur au Travail contribue activement au développement du capital de l’entreprise. Ceci n’est pas une utopie, mais une profonde réalité et toutes les organisations qui ont fait ce pari sont capables d’en apporter la preuve.

Je vais même jusqu’a penser que si nous sommes toujours en crise aujourd’hui, c’est parce que la majorité des entreprises n’ont pas encore réalisé l’influence que la Qualité de Vie au Travail a sur l’économie. Ceux qui les dirigent n’ont pas encore mesuré l’importance de cette équation.

 » Bonheur au Travail = Performance et R€ntabilité « 

S’ils l’avaient fait, ils seraient beaucoup plus nombreux à s’y intéresser, étant donné les bénéfices qu’ils pourraient en retirer, si, justement, ce qui les motive, c’est de faire un maximum de pognon €€€.

Quand on aime ce qu’on fait, qu’on se sent bien dans son job ; qu’on apprècie les personnes avec qui on bosse, qu’elles savent nous reconnaitre pour nos talents, nos compétences ; qu’on sait à quoi on sert dans l’entreprise et que tous les jours on a la possibilité de se dépasser, d’évoluer… On est performant, et cette performance se traduit en r€ntabilité !!!

Quoi qu’il en soit, le sujet est à creuser et c’est ce que je m’engage à faire. Alors, si le cœur vous en dit, rejoignez la communauté des « Militants du Bonheur » sur Facebook ou sur LinkedIn, afin de continuer à réfléchir à ce sujet. Je m’engage à y partager tout ce que je trouve sur les entreprises dont c’est la quête.

©PascaleBaumeister – Tous droits de reproduction réservés.

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